Conférences

Dernières conférences à la Victoire:

vica020317.jpgdruzes.170711



Qu'est-ce qu'être français et juif ?
La conférence-débat à 2 voix
Alain FINKIELKRAUT/Gilles BERNHEIM
du 18 novembre 2015
peut être écoutée sur le site AKADEM


--------------------------------



La troisième conférence du cycle « La femme est-elle un homme comme les autres » avait pour thème l
a voix et le corps des femmes : éduquer les hommes ou cacher les femmes ?
Ce fut un moment particulièrement riche en sources talmudiques et bibliques ainsi qu’en sujets de réflexion pour chacun.
La pudeur (La tsniout) (en hébreu : צניעות) n’est mentionnée que deux fois dans la bible hébraïque pour évoquer une attitude morale d’humilité dans Michée 6:8 et les Proverbes 11:2.
Le glissement de la notion d’humilité à celle de pudeur se trouve principalement dans le Talmud.
Aujourd’hui, la pudeur dans la façon de se vêtir est érigée par les courants ultra-orthodoxes en une vertu religieuse fondamentale. En partie en réaction à l’instrumentalisation du corps féminin dans le monde moderne, mais surtout pour cacher, dans une approche quasi anatomique, la dimension érotique du corps.
La femme doit se couvrir pour éviter que le regard des hommes ne les détourne de leur spiritualité. Les femmes doivent ainsi prendre en charge la déresponsabilisation des hommes, incapables de concevoir la femme autrement que dans sa teneur érotique et fantasmée. Le mariage est la seule légitimité de l’acte sexuel objectivant la femme qui doit alors être protégée du regard des autres hommes.
Le paradoxe est ici celui de évoqué par le philosophe Michel Foucault. A savoir que la répression normative prend part à la construction de l’érotisme et de la sexualité. Autrement dit : à tout cacher du corps des femmes, on amplifie la signification érotique, voire fétichiste des parties cachées de son corps.
Il n’est pas possible dans cette synthèse de préciser toutes les textes et les sources mentionnées sur le corps, la chevelure et sur la voix de la femme. Je vous renvoie au résumé plus complet réalisé par Joëlle R. Levy qui participait à cette conférence : https://joellerlevy.wordpress.com/
In fine, l’enjeu de cette réflexion sur le corps des femmes est l’acceptation de la féminité dans l’espace public et religieux ainsi que le refus de l’objectivation du corps de la femme. Dans la société, la séparation n’est ni possible (sauf à restreindre la liberté des femmes dans cet espace), ni souhaitable (car elle alimente les fantasmes).  
Cela incite les rabbins orthodoxes modernes à revisiter les textes fondamentaux afin de penser une société religieuse engagée où l’on apprend à vivre la mixité dans le respect de la Torah.
Simon Free