Compte rendu Cérémonie du Souvenir du 17 septembre 2017
LA  SYNAGOGUE  DE  LA  VICTOIRE  1865-2015 «  150 ANS  DU  JUDAÏSME  FRANÇAIS »
La cérémonie du Souvenir en mémoire de Déportés et des Victimes de la Shoah

Dimanche 17 septembre 2017, la cérémonie du Souvenir, retransmise comme tous les ans par France2, a pu revêtir un caractère tout à fait exceptionnel.
Quelques mots préalables d’explication et d’histoire :
La tradition ashkénaze des Memorbuch.
Dans la tradition juive, une place importante est réservée au rappel du souvenir des morts. Aussi, à l’occasion des commémorations des 150 ans de la Victoire, il avait été décidé de renouer avec une très ancienne tradition ashkénaze, plus exactement alsacienne et rhénane, celle du Memorbuch, en yiddish Yzker-bicher, (livres du souvenir). Le Memorbuch est un ouvrage, conservé dans les communautés, qui permettait d’entretenir la mémoire des martyrs des différentes villes et régions du monde ashkénaze, en rappelant leurs noms. Cette tradition remonte aux massacres des juiveries de Rhénanie lors du passage des croisés et des bandes armées de la première croisade en 1096.
Le plus célèbre  est le « Memorbuch de Nuremberg », finalisé vers 1350 ; mais des  registres de même nature ont été élaborés à Metz, (1725), puis à Francfort de 1628 à 1907. En Alsace, il existe de nombreux Memorbücher de Ribeauvillé à Dornbach, etc..(Source Wikipédia).

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Le Monument du souvenir de la Victoire et son inauguration par Vincent Auriol.
En arrêtant le plan de l’ouvrage sur les 150 ans de la synagogue de la Victoire, le Comité éditorial du livre, Gilberte Behar, Claudine Pollin, Félix Loeb, Claude Nataf et moi-même, avait souhaité conclure le chapitre à la fois tragique et héroïque de la Victoire pendant la Seconde Guerre mondiale par la cérémonie d’inauguration de ce monument du Souvenir, le 27 Février 1949, par le Président de la République Vincent Auriol. C’est Claude Nataf, historien et vice-président de la Commission française des Etudes juives qui s’est chargé des recherches sur ce monument.
Dès 1945, le Consistoire central avait, en effet, invité les communautés à fixer dans les synagogues, sur des plaques de marbre, les noms de leurs fidèles morts pour la Patrie, renouant ainsi avec la tradition de la Première Guerre mondiale.
Cette invitation ne faisait pas la distinction entre les morts au champ d’honneur des morts en déportation. C’est le Grand rabbin de France Isaïe Schwartz, qui, à Drancy, une semaine après la première cérémonie du Souvenir à la Victoire du 22 septembre 1946, va rappeler l’importance du souvenir des morts en déportation.
A la suite de cette intervention, le Consistoire de Paris décida de reprendre la proposition du Consistoire central de 1945 et d’apposer une plaque de marbre dans la synagogue de la Victoire pour rappeler « la barbarie nazie et ses innombrables victimes ».
En octobre 1947, l’ambassadeur de France à Varsovie, Roger Garreau, transmettait au Quai d’Orsay, un coffret contenant des tubes remplis de cendres prélevées en sa présence à Auschwitz, coffret remis au Consistoire central.
Le Président de la Commission des tombes, Weill-Kinsbourg, proposa aux communautés qui souhaitaient ériger un monument à la mémoire de leurs disparus de retirer « des tubes en plomb contenant ces cendres provenant des fours crématoires ».
Vingt-neuf associations cultuelles de province reçurent, ainsi, des cendres et à partir de 1948 plusieurs monuments sont inaugurés en présence du Grand rabbin Isaïe Schwartz ou de son représentant le Grand rabbin Jacob Kaplan, Marseille, Epinal, Elbeuf, Nancy, Lunéville….
Le Président du Consistoire de Paris, Georges Wormser, est, alors, confronté au débat de distinguer, ou non, les morts pour la France au Champ d’Honneur, des morts pour le Judaïsme en déportation, quand il s’agit d’ériger un monument national à la Victoire : «  À la mémoire de nos frères, combattants de la Guerre et de la Résistance, morts dans les camps de déportation, fusillés, torturés, brûlés et des innombrables victimes de la barbarie allemande ».
Le rabbinat demandera de substituer « la barbarie nazie » à la « barbarie allemande », sans succès, par contre il s’opposa à ce que le monument contienne des cendres dans la mesure où il devait être édifié à l’intérieur de la synagogue, ce qui interdirait aux Cohanim, aux Cohen, l’accès à la synagogue.
Le Consistoire de Paris décida donc d’édifier le monument sous le péristyle et d’y inclure une urne de bronze destiné à recevoir un registre où seront inscrits les noms des disparus. C’est Germain Debré, architecte en chef des bâtiments nationaux et fils de l’ancien Grand Rabbin de Neuilly Simon Debré qui est chargé du projet de ce monument. Sa réalisation effective sera lente, en raison des difficultés financières liées à la souscription et Germain Debré décèdera un an avant son achèvement.
C’est finalement grâce la famille Rothschild, ainsi qu’aux familles Wormser et Baur que le monument pourra être terminé.
L’inauguration fut fixée au 27 février 1949, après que le Grand rabbin de Paris Julien Weil et Georges Wormser aient obtenu la promesse du Président de la République Vincent Auriol de présider personnellement l’inauguration.
C’est donc au cours de cette cérémonie, qui est décrite en détail dans le livre des 150 ans de la Victoire, et en présence, pour la seconde fois dans la synagogue d’un Président de la République, que le registre-mémorial des déportés et victimes français du nazisme, recensés à cette date par les familles, a été déposé dans l’urne au pied du monument.
La venue de Vincent Auriol se situe après le traumatisme causé par les lois raciales du régime de Vichy et après les attentats, arrestations, spoliations et les déportations commis par des français, complices des allemands. En 1949, le Judaïsme français encore meurtri, est en proie au doute et la visite du président Vincent Auriol, dans ce symbole qu’est la Grande synagogue de la  Victoire, peut être considérée comme le premier acte de ce qu’on appellera beaucoup plus tard un acte de repentance pour le rétablissement du franco-judaïsme.
La cérémonie du 29 mai 2017.
C’est ce premier registre, très incomplet et très abimé par le temps qui a été retiré de l’urne le 29 mai dernier par le Grand rabbin de Paris et le rabbin de la Victoire en présence de Serge Klarsfeld, d’anciens déportés, dont Milo Adoner et des dirigeants du Mémorial de la Shoah et de la Commission administrative de la Victoire. Le livre déposé en 1949, sera restauré, avec l’aide du Mémorial de la Shoah que nous tenons à remercier pour son soutien dans ce projet.
Cette très émouvante cérémonie filmée par France2 a servi d’introduction télévisée à la cérémonie du 17 septembre dernier.
La cérémonie du Souvenir du 17 septembre 2017.
La cérémonie de cette année s’est donc déroulée en deux temps : D’abord sous le péristyle,  le Grand rabbin de France et le Grand rabbin de Paris se sont fait remettre par Serge Klarsfeld et deux déportés survivants le registre établi par Serge Klarsfeld : « le Mémorial de la déportation des juifs de France »(2012), portant la liste complète des 76.000 juifs de France, hommes, femmes et enfants assassinés dans les camps de la mort, ou exécutés comme otages ou morts dans les camps d’internement sur le sol français. En présence du Président du Consistoire, Joël Mergui et des plus hautes autorités de l’Etat, ils ont déposé ce Memorbuch, enveloppé d’un talith dans l’urne, au pied du monument restauré par la Communauté de la Grande synagogue pour la circonstance.
Désormais,  ce monument pourra remplir son office et servir, comme cela a été voulu dès 1945, de monument du Souvenir pour tous nos frères assassinés, parce que juifs, pendant cette période terrible.
Le cortège des rabbins et des porte-drapeaux des associations de déportés et d’anciens combattants, s’est ensuite dirigé vers l’intérieur de la synagogue , pendant que très symboliquement le Ministre-officiant et le chœur entonnaient la prière pour les martyrs de la foi, Av HaRakhamim. Autour d’une assistance de plus de 600 personnes, cette année encore, c’est en présence des plus hautes autorités de l’Etat, en particulier des représentants du Premier ministre, et du Président de l’Assemblée nationale, mais aussi des ministre du Gouvernement, du Préfet de Police, du Préfet de la Région Ile de France et du Préfet délégué à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, du représentant de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, du représentant de l’ambassadeur d’Israël Aliza Bin Noun. De très nombreux ambassadeurs et membres du Clergé étaient également présents à cette cérémonie, ainsi que des parlementaires et les maires d’arrondissements de Paris ou de la Région parisienne, ainsi que les dirigeants de grandes institutions juives, Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Fils et Filles de déportés.
Rythmée par les émouvantes prises de paroles du Président des Consistoires Joël Mergui,  ainsi que du Grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, et du Grand rabbin de France Haïm Korsia, cette cérémonie a été conçue en hommage à la récente disparition de Simone Veil, qui a toujours eu à cœur d’y participer tant que sa santé le lui permettait. Mais le point d’orgue a été donné par le témoignage à la fois émouvant et vigoureux  de notre ami Milo Adoner qui a rappelé les circonstances de son arrestation avec toute sa famille, puis son transfert à Drancy pour Auschwitz et la disparition de toute sa famille.
La chorale du Talmud Torah de la Victoire, remarquable dans l’interprétation de « l’Auvergnat » de Georges Brassens, et les choeurs de la grande synagogue ont accompagné nos officiants, Aron Hayoun, Adolphe Attia et le rabbin Moshe Sebbag dans la conduite de la cérémonie.
Jacques Canet

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Concert "Pour toi Jérusalem"à la Grande Synagogue de la Victoire.

Le mardi 6 juin 2017, un concert exceptionnel de hazanout , à l’initiative du Consistoire et du rabbin Moshé SEBBAG s’est déroulé dans notre synagogue, à l’occasion des 50 ans de la réunification de Jérusalem. 
La synagogue accueillait ce soir-là :
- Itshak Meir HELFGOT, Cantor de la Park East Synagogue de New-York,
- Shmuel SHAPIRO, cantor de la synagogue de la rue Montevideo,
accompagnés par la Chorale de la Grande synagogue Heikhal Shlomo de Jérusalem, sous la direction du Maestro Elli JAFFE,
et Aron HAYOUN, Premier ministre officiant de la Victoire, accompagné par le Chœur de la Grande synagogue de la Victoire, sous la direction de Jean-Marc THORON.
Un public nombreux a pu apprécier le répertoire présenté.
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Le 18 juin dernier, les élèves du Talmud Torah ont visité la maison des enfants d’Izieu, accompagnés de leur directrice Mme Haya Prys et du Rabbin M. Sebbag. Voir l’album photos
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EVENEMENTS RECENTS :

Le 6 juin dernier a eu lieu un concert de H’azanout exceptionnel en l’honneur de Jérusalem : voir photos
Le 30 avril dernier a eu lieu la journée nationale du souvenir de la déportation à la maire du 9ème arr. de Paris.
Le dimanche 19 mars 2017 a eu lieu la journée d’étude au BEIT MIDRACH LENACHIM sur le thème « ETUDIER et MIEUX COMPRENDRE la TEFILA » par Mme T. SCHWARTZ.
Le lundi 13 mars 2017 à 19h30 a eu lieu le Concert : « Le violon de mon père ».
Le dimanche 12 mars 2017 à 12h30 a eu lieu le Grand festin de Pourim à la Victoire.
Le jeudi 2 mars 2017 à 19h45 a eu lieu la « Conférence sur la communauté Druze Israélienne ».

Dimanche 5 février 2017: Invités par le président de la Synagogue de Buffault M. Elie Balmain et le Rabbin M. Didier Weill, les parents du du Talmud Torah et leurs enfants se sont rendus à la Synagogue rue Buffault pour célébrer la fête de Tou-Bichvat avec toute l’équipe et la direction du Talmud torah de la Victoire.

Dimanche 15 janvier 2017:
« Le Concert de la Joie » en faveur de l’Appel National pour la Tsédaka - en la Grande Synagogue de la Victoire.


Dimanche 11 décembre : Fête de Hanoukka du Talmud Torah.

Hanouka tombant cette année pendant les vacances scolaires, c’est le dimanche 11 décembre que la Synagogue de la Victoire a procédé à un allumage symbolique des lumières de Hanouka avec les enfants du Talmud Torah, leurs parents et les fidèles de la communauté. Nous avions invité à cette occasion les enfants du Talmud Torah de la synagogue Buffault, accompagnés de leurs parents, du Président Elie Balmain, et du rabbin Didier Weill. Plus de cent personnes étaient présentes pour célébrer cet événement, autour du rabbin Moshe Sebbag et de Madame Haya Prys, responsable pédagogique de notre Talmud Torah.
Le Grand Rabbin de Paris, Michel Gugenheim a honoré de sa présence cet événement et  a délivré un enseignement sur la fête, de même que le Rabbin Weill. Après les chants entonnés par les enfants, dont le célèbre Maoz Tsour, des cadeaux ont été distribués à tous les enfants présents. Un grand buffet, avec les beignets traditionnels a réuni les participants dans ce moment de convivialité. Nous avons pu à cette occasion continuer à renforcer nos liens avec la synagogue Buffault.


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Photos & Vidéo

Vendredi 25 novembre : Office du vendredi soir et repas de Chabbat avec les parents et les enfants du Talmud Torah, l’animation était assurée par une partie de l’équipe enseignante et le Rabbin Sebbag.
Dimanche 13 novembre à 11h30 a eu lieu la cérémonie du 11 novembre et la commémoration des attentats du Bataclan, en présence du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, du Grand Rabbin de Paris, Michel Guggenheim et de Delphine Bürkli, Maire du 9ème arrondissement.

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