Soirée de mémoire, soirée d’espérance : La Victoire au rythme d’Israël

Organisée conjointement par la Grande Synagogue de la Victoire, le KKL France et le Consistoire de Paris Île-de-France, cette soirée du mardi 21 avril a rassemblé plus de 1500 personnes sous les voûtes majestueuses du lieu, baignées d’une lumière à la fois solennelle et festive. Deux temps, deux respirations, deux battements d’un même cœur : celui d’Israël.

Yom Hazikaron et Yom Haatsmaout se sont enchaînés dans une intensité rare, mêlant recueillement profond et élan d’espérance.

La cérémonie s’ouvre dans le silence. À 19h34, la sirène retentit — cette même sirène qui, en Israël, fige tout un pays. Dans la synagogue, chacun se lève, immobile. Un instant suspendu, presque irréel. Puis vient la mise en berne du drapeau, portée avec gravité par l’attaché militaire auprès de l’Ambassade d’Israël, Sagi Fink, suivie de l’allumage de la flamme du souvenir, symbole d’unité et de mémoire vivante.

Le Grand Rabbin de Paris, Michel Guggenheim, récite le Yizkor, cette prière du souvenir qui traverse les générations. Dans son allocution, il rappelle avec force combien la mémoire est au cœur de l’âme juive, présente dans chaque instant de la vie, comme un fil invisible reliant passé, présent et avenir.

Vient ensuite un moment d’une intensité bouleversante. Lectures, témoignages, photos, noms égrenés de soldats morts au combat… autant de vies, autant de destins. L’émotion traverse l’assemblée.

Le Kaddish récité par Gérard Zerbib, à la mémoire de son fils Johan, serre les cœurs avec une dignité poignante.

Puis s’élève la voix du Hazan de la Victoire David Gerst.

Le El Male Rahamim, prière du souvenir des disparus, est porté avec une émotion d’une rare puissance, accompagné par les chœurs de la Victoire dirigés par Emmanuelle Souffan, la cheffe des choeurs de la musique consistoriale.

Un moment suspendu, presque hors du temps.

Et doucement, le basculement s’opère.

Le drapeau d’Israël est relevé, flottant désormais au cœur de la synagogue.

Le Choffar, sonné par le Rabbin de la Victoire Moshé Sebbag, déchire le silence comme un cri venu des profondeurs — à la fois douleur et espérance, mémoire et renaissance.

Les prières pour la nation sont récitées avec ferveur, avant que l’ambassadeur d’Israël, Joshua Zarka, n’ouvre officiellement les célébrations.

Son discours, rassembleur et déterminé, donne le ton : celui de la vie, de la continuité, de la force.

Alors la musique s’élève. Les drapeaux apparaissent, les couleurs se déploient sous un lâché de ballons bleus et blancs comme venus du ciel.

La synagogue change de souffle. La cérémonie des douze drapeaux offre un moment vibrant : jeunesse, mémoire, éducation, bénévolat, innovation… autant de visages d’Israël incarnés par celles et ceux qui les portent. Une mosaïque vivante, tournée vers l’avenir.

Les prises de parole ont marqué un temps fort de réflexion et d’engagement. Le Dr Robert Zbili, le Président du KKL France a souligné, avec conviction, l’importance du lien indéfectible entre la diaspora et Israël, rappelant le rôle essentiel de chacun dans la construction et le soutien de l’avenir du pays.

Le Rabbin Moshé Sebbag, quant à lui, a parlé avec force et justesse de cette identité juive si particulière, où chaque individu, qu’il soit pratiquant ou non, appartient pleinement à un même peuple et à une même nation. Un message puissant d’unité et d’inclusion, profondément en résonance avec l’esprit de la soirée.

Puis, le président du Consistoire de Paris David Amar rend hommage à son prédécesseur Joël Mergui tout en rappelant une exigence essentielle : se souvenir, toujours, mais transmettre encore davantage.

Porter un regard vers demain, vers les nouvelles générations, fidèle à l’esprit du Shéma Israël.

Lorsque retentissent les premières notes de Hatikva, toute la salle se lève. Les voix s’unissent, puissantes. Puis vient La Marseillaise. Deux hymnes, deux appartenances, une même émotion. 1500 personnes chantent à l’unisson, dans un moment d’une rare intensité.

Mais la soirée ne s’arrête pas là.

Après le temps officiel, la joie éclate pleinement. Portée par la voix du ‘Hazan David Gerst et par les musiciens, la synagogue devient lieu de fête : chants israéliens, mélodies hassidiques, danses. Une énergie communicative, presque libératrice. Comme une réponse à la douleur. Comme une victoire de la vie.

Cette soirée aura su incarner avec justesse et profondeur ce qui fait l’essence même de ces deux journées : se souvenir, pleurer, mais aussi se relever, chanter, et continuer.

Car ici, plus qu’ailleurs peut-être, mémoire et espérance n’étaient pas opposées. Elles ne faisaient qu’un.

Et comment ne pas être saisi, enfin, par la portée symbolique de ce lieu.

Ce lieu où le concept d’Israël est né dans l’esprit de Théodor Herzl lors de l’arrestation du capitaine Dreyfus.

Un lieu chargé d’histoire, où le passé éclaire le présent et dessine l’avenir.

Histoire, fidélité, avenir.

Trois mots qui résonnent encore, longtemps après que les lumières se sont éteintes, comme l’écho vivant d’une mémoire qui ne cesse de se transmettre et d’une espérance qui, envers et contre tout, continue de s’élever.

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